Peut-on parler d’autonomie pour un tout jeune enfant ? Par

L’autonomie, littéralement (auto = soi-même,  nomos = loi), c’est la capacité de se donner la loi soi-même. Selon Piaget, ce n’est que vers 12 ans que l’enfant acquiert cette capacité…avant, l’enfant est hétéronome : la loi vient de l’extérieur, elle est tenue, assurée par les adultes que l’enfant rencontre et qui sont garants du respect des règles.

Pourtant, le jeune enfant, à chacune des étapes de son développement dispose de capacités d’autonomie.
C’est une autonomie relative, liée à ses capacités maturatives. En effet, le bébé humain nait encore immature, la construction de son cerveau n’est pas terminée.
Il est important de connaître cette réalité afin de prendre en compte les capacités dont l’enfant dispose à chacune des étapes de son développement, et alors de ne pas exiger de lui des capacités qui ne sont pas encore acquises…
L’enfant est doté d’une force vitale, développementale qui le pousse à grandir, à connaître, à apprendre, à oser, à aller de l’avant. Et, c’est activement qu’il se saisit des nouvelles potentialités mises progressivement à sa disposition par la maturation de son système neuro-sensori-moteur, pour découvrir ses capacités, les exercer, les maitriser, se les approprier…si on lui donne le temps et l’espace pour qu’il puisse découvrir, toucher, manipuler, explorer, répéter, intégrer.
Le petit enfant est acteur de son propre développement ; il joue un rôle actif dans ses apprentissages.

On confond souvent « autonomie » et « faire tout seul »

Or, l’autonomie c’est la possibilité d’exercer ses capacités avec plaisir.
Même s’il sait s’habiller, mettre ses chaussures, manger avec sa cuillère, le petit enfant ne devrait pas être obligé de le faire « tout seul » …au risque de se sentir bien seul avec lui-même, « abandonné » par l’adulte. L’enfant a  besoin de l’attention de l’adulte, de son intérêt, de sa présence, d’être ensemble dans une activité commune, partagée.
De plus, s’il est « obligé » de faire « tout seul » alors qu’il n’en a pas encore la capacité, le petit enfant est alors contraint de « se débrouiller » tout seul, comme lorsqu’il mange avec ses doigts parce qu’il ne sait pas encore suffisamment bien se servir de sa cuillère (au risque même de se faire reprendre par l’adulte qui attend de lui qu’il mange « proprement »…mais, il ne sait pas encore le faire, ou aurait encore besoin de l’aide de l’adulte) : ce n’est pas de l’autonomie !
Et, aussi : que vit un enfant lorsque l’on « profite » de son autonomie pour s’occuper d’un autre enfant ? Quand, par exemple puisqu’il sait manger tout seul, l’adulte fait manger un autre enfant plus jeune ? Devenir autonome signifie alors, pour lui, perdre l’adulte…
Comment permettre à l’enfant de découvrir et d’exercer ses progressives capacités d’autonomie sans perdre l’attention et l’intérêt de l’adulte ?
Sans plaisir et sans attention, l’autonomie devient une « fausse autonomie ».
Si on attend de lui des capacités qu’il n’a pas encore acquises (comme lui enlever ses couches quand il n’est pas encore acquis le contrôle de ses sphincters), le jeune enfant se perçoit comme incapable, incompétent, ne pouvant satisfaire les attentes de l’adulte. Le regard que l’on porte sur un enfant, les attentes à son égard vont influencer la façon dont il se perçoit … Pourquoi ces attentes prématurées ? Pourquoi toujours attendre ce que l’enfant ne fait pas encore plutôt que de se réjouir de sait qu’il sait déjà faire (alors qu’un enfant se déplace à quatre pattes avec plaisir, rapidité et compétence, pourquoi remarque-t-on seulement qu’ « il ne marche pas encore » ?) : on voit le manque, pas ce qui est déjà là.
C’est avec le regard que l’on porte sur lui, avec la reconnaissance de ses capacités, de leur valeur que l’enfant construit l’image qu’il se fait de lui-même, de sa valeur, de ses compétences, de la confiance dans ses capacités ; que l’enfant peut se sentir reconnu et accepté dans ce qu’il est, pour ce qu’il est … et non dans ce qu’on attendrait qu’il soit.
Comment accueillir chacun  - enfant, parent, collègue – dans sa singularité ? Comment élargir nos représentations que l’on a de ce que doit être et faire un enfant à tel âge, ou de comment doit se comporter un parent –selon nos propres critères de ce qu’est être un « bon » parent – pour accueillir l’autre dans son altérité (le fait d’être « autre »), dans sa différence (de ce que nous pensons qu’il devrait être), dans son unicité ?

Favoriser cette autonomie,  n’a pas pour objectif que l’enfant apprenne à faire tout seul, mais qu’il puisse découvrir, manifester, exprimer ses capacités.

Etre autonome, c’est pouvoir agir par soi-même, se saisir activement de ses capacités (au fur et à mesure de leur apparition, de leur évolution) pour agir dans et sur le monde, avec intérêt et plaisir… que ce soit pour se servir de sa cuillère, enfiler son pantalon, empiler deux cubes l’un sur l’autre, grimper sur un module de motricité, etc.

Et, pour cela, dès tout petit, bien qu’encore immature et dépendant, l’enfant a des capacités :

  • Dès sa naissance, il est doté d’une activité spontanée (il bouge, puis se déplace, grimpe, saute, court ; il découvre ses mains puis les utilise pour saisir des objets, les explorer, les rassembler, les comparer, les transvaser…) : à travers son activité, l’enfant apprend … sans qu’il ait besoin qu’on lui enseigne ou lui « fasse faire ». Il apprend à se connaître, à connaître les autres, à connaître le monde. Il apprend à connaître son corps, ses possibilités, à découvrir ses capacités et à construire ses compétences; il découvre les objets, les manipule, les met en relation ; il expérimente, se pose des questions, fait des hypothèses, les vérifie ; il recommence, persévère, se concentre sur son activité, il se donne un but, élabore des projets : il engrange des connaissances et les organise : il construit ses savoirs et développe sa pensée, il apprend à apprendre…

Au cours de ses activités, l’enfant exprime des émotions, ses préoccupations et les élabore : elles sont alimentées par sa vie psychique et la nourrissent.

C’est une activité autonome, qu’il sait initier, choisir, répéter, inventer, créer. Cette activité est constructive, élaborative, créative.

  • Le bébé humain est, dans le début de sa vie, extrêmement dépendant de son entourage pour la satisfaction de ses besoins vitaux : il a besoin d’être nourri, lavé, changé, couché, porté, tenu, contenu…Mais, il n’est pas impuissant : très tôt, le bébé a la capacité :
    • non seulement de communiquer ses besoins (il a faim, froid, sommeil, besoin d’être en relation…),
    • mais aussi de réagir aux propositions qui lui sont faites pour satisfaire ses besoins (il repousse la tétine du biberon, détourne la tête devant la cuillère, réagit par un réflexe de Moro s’il est déposé trop rapidement sur la table de change, tressaille si le gant de toilette est trop froid ou arrive trop rapidement sur son visage…): il donne ainsi des indications sur comment prendre soin de lui d’une façon  adéquate pour lui.
    • et même de coopérer à ces soins, si leur déroulement est suffisamment prévisible, si on lui donne la possibilité d’y participer

Reconnu et pris en compte dans ses capacités d’expression, de participation et d’initiative, le bébé peut se vivre non pas comme un objet, passif et soumis dans les mains –même expertes – des personnes qui prennent soin de lui, mais considéré comme une personne qui sent, ressent, communique et interagit avec son entourage.

Soutenir et accompagner le développement de l’autonomie nécessite, pour les adultes qui prenne soin d’un jeune enfant, de favoriser l’émergence et le déploiement de ses capacités d’autonomie relative à chacun de ses niveaux de développement.

Ce qui signifie :

  • pour l’adulte, de pouvoir donner du temps et de l’espace à l’enfant :

Du temps pour découvrir, exercer ses capacités pour en acquérir la maîtrise (dans une « motricité libre » lui permettant de réaliser ses acquisitions motrices, de lui-même, à son rythme, sans nécessiter d’« enseignement » de la part des adultes)

Du temps pour s’exprimer : le bébé dispose d’un mode de communication préverbal, c’est avec son corps, ses gestes, ses mouvements, sa tonicité, son comportement  que le petit enfant s’exprime (c’est pourquoi, même sur la table de change, il ne sera pas entravé dans ses mouvements, si l’on reconnait qu’ils  représentent un mode spécifique d’expression pour un tout petit).

Du temps pour répondre à nos demandes (quand on lui demande son pied pour le mettre dans la chaussure, lui donner le temps de comprendre notre demande et d’organiser les différentes coordinations psychomotrices nécessaires pour y répondre…avant que la chaussure ne soit déjà mise sur son pied !)

De l’espace pour se mouvoir librement, et aussi pour ses gestes et initiatives (de la place sur le biberon ou sur le verre pour qu’il puisse y poser sa main, pour qu’il puisse enfiler son bras dans la manche de son vêtement …)

  • pour l’enfant, d’avoir la liberté d’exercer ses capacités…et, de découvrir qu’il en a !

Si l’on fait à la place de l’enfant, on le prive de découvrir qu’il en est capable et de sa fierté du « c’est moi qui l’ai fait » (ce qui contribue à la construction de la confiance en soi et de l’estime de soi). C’est souvent ce qui se produit lorsqu’on voit l’enfant en difficulté : quand il n’arrive pas à empiler un cube sur un autre (mais il saura y arriver …un peu plus tard), s’il est gêné par un obstacle sur son chemin (mais, il va peut être découvrir qu’il peut le contourner), ou s’il n’ose pas sauter de cette marche (peut être la descendra-t-il autrement), dans une situation de conflits entre enfants (peut être parviendront-ils à trouver une solution ?).

De l’intervention de l’adulte, l’enfant n’apprend pas à faire face à cette difficulté rencontrée : il apprend que lorsqu’une difficulté se présente, c’est l’adulte qui sait trouver une solution…il attend donc l’intervention de l’adulte, reste dépendant de l’adulte et n’apprend pas à compter sur lui-même et ses possibles ressources.

Sa dépendance est entretenue, plutôt que son autonomie soutenue. De même si on fait marcher un enfant qui ne marche pas encore : il va réclamer l’aide de l’adulte pour se déplacer debout…alors qu’il serait si rapide et habile à quatre pattes pour explore son environnement ! Ou si l’adulte aide cet enfant qui n’arrive pas à grimper sur la cage à écureuils : il aura besoin de son aide à chaque fois qu’il aura envie d’y grimper, alors qu’il pourrait sans doute trouver un autre élément à grimper qui lui soit plus accessible…en attendant (et en s’exerçant) de pouvoir monter sur la cage à écureuils.

Faire « à la place de l’enfant » crée de la frustration : cela lui donne envie de faire quelque chose (marcher debout, monter sur la cage à écureuils) qu’il n’a pas encore la capacité de faire.

Faire « à la place de l’enfant » ce qu’il pourrait faire par lui-même, comme attendre de lui qu’il fasse ce qu’il n’a pas encore la capacité de faire, ou ne s’y sent pas encore prêt (« allez, saute, n’aies pas peur » : il en a peut être les capacités mais ne se sent peut être pas encore prêt à faire ce saut), ou « pour faire plaisir » à l’adulte (« allez encore une cuillérée »)… n’aide pas l’enfant dans son autonomie.

L’autonomie pourrait alors se définir comme la capacité à identifier ses besoins et pouvoir les satisfaire, par soi-même ou avec l’aide de l’adulte (celle qui est « juste » nécessaire : ni trop peu, ni pas assez).

Les réponses de l’adulte aux manifestations de l’enfant et les propositions qui lui sont faites vont contribuer à cette identification de ses besoins (quand une réponse vient « à côté » de l’expression d’un besoin, par exemple quand un enfant manifeste des signes de fatigue et qu’il lui est répondu : « ne t’endors pas, je vais bientôt te donner à manger », cela vient troubler la perception et l’identification de ses messages corporels et parasiter la prise de conscience de soi…)
Identifier ses besoins signifie alors, apprendre à se connaître soi même : reconnaître ses besoins, découvrir et construire ses capacités à les satisfaire…mais aussi connaître ses limites (« ça je ne peux pas le faire »). Prenant en compte ses propres limites, l’enfant apprend à être prudent…même s’il prend des risques.
Prendre des risques, c’est grandir aller de l’avant, renoncer à une sécurité connue pour aller à la découverte de soi, des autres, du monde. Ne pourrait-on pas donner à l’enfant la possibilité de prendre des risques mesurés (= en connaissant ses capacités et leurs limites, sans être incité à aller au-delà de ce qu’il est capable ou se sent prêt à faire) ?

L’autonomie, c’est aussi apprendre à prendre soin de soi.

Plutôt que d’empêcher un enfant de faire une action qui nous paraît périlleuse, peut être pourrait-on recentrer l’enfant sur lui-même : « fais bien attention à toi » (= assure bien ton équilibre, prends le temps, « évalue » si tu peux ou ne peux pas…)

Découvrir, reconnaître ses propres capacités et limites, c’est apprendre à se connaître, construire une confiance en soi et participe au développement de l’estime de soi…ce serait dommage d’en priver l’enfant !

C’est un difficile positionnement pour les adultes pour ne pas attendre trop ou pas assez de l’enfant… Cet ajustement nécessite une bonne connaissance de chaque enfant, de ce dont il est capable : l’observation est un outil précieux pour accéder à cette connaissance, mais aussi une organisation de l’accueil des enfants autour d’une « personne de référence » favorisant une meilleure connaissance individuelle, fine de chacun d’eux.
Ces adultes sauront alors mettre en place un environnement ajusté aux besoins, capacités, et intérêts des enfants d’un groupe pour que chacun y trouve des possibilités d’activités adaptées, évoluant avec leurs progrès ; ils sauront veiller à ne pas proposer à un enfant une activité pour laquelle il n’a pas encore la maturité nécessaire comme, par exemple faire du crayonnage, de la peinture, des puzzles –c’est-à-dire des activités « à règles » - avant d’avoir la maturité pour « respecter » ces règles.

L’autonomie, c’est aussi pouvoir choisir, décider … dans un cadre (donné et tenu par l’adulte, le groupe social, la société, la culture)

Décider, dans ce qui lui est proposé, de ce qu’il mange en fonction de ses goûts et de son appétit (il a « droit » à son dessert, même s’il n’a pas mangé de légumes…mais c’est un dessert – et non plusieurs - qui lui est proposé [« le cadre »]).

Choisir son activité, décider de comment il va la mener :

  • Une activité autonome est une activité que l’enfant choisit. Ce qui signifie qu’il doit y avoir du choix : du matériel, des objets, des activités possibles mis à la disposition de l’enfant.

Et, un vrai choix (ce qui n’est pas le cas lorsqu’un adulte demande : « qui veut faire de la peinture ? » et que 5 enfants se présentent alors qu’il n’y a que 4 places possibles : une telle proposition est source de frustrations inutiles…qui, répétées, peuvent donner lieu à des comportements agressifs)

  • Une activité autonome est une activité que l’enfant peut mener à son gré, qu’il décide, dont il a l’initiative :

C’est-à-dire selon ses intérêts : Pourquoi ne pourrait-il pas utiliser cet objet de telle ou telle façon –si ce n’est pas dangereux pour lui, ni pour d’autres ? Pourquoi ne pourrait-il pas mettre ce camion « à l’envers », ou faire rouler ces anneaux plutôt que les enfiler sur la tige prévue, ou encore mettre des Légos dans le four de la dinette ?...

Selon ses besoins : peut-on interdire à un jeune enfant de grimper ? Pour qu’il accepte de ne pas grimper sur les étagères, il faut qu’il ait la possibilité de grimper ailleurs, quand il en a besoin, dans sa pièce de vie (sans devoir attendre le moment où il ira dans la « salle de psychomotricité)

Selon son rythme : l’enfant devrait pouvoir décider du début, de la fin, de la durée de son activité (dans un cadre collectif, social donné) : certains enfants, qui choisissent de faire de la peinture ou du crayonnage, ont terminé leur activité après avoir tracé juste un trait sur une feuille…

 Dans  son jeu, ses activités, l’enfant satisfait des besoins (physiques, épistémologiques, émotionnels…), il « travaille » des questions qu’il se pose, met en scène ses préoccupations, élabore des émotions : il apprend, il développe sa pensée, il se construit !

Il a besoin de recommencer, de répéter pour comprendre et intégrer ses connaissances : il est donc nécessaire qu’il puisse retrouver les mêmes objets, les mêmes activités, installés et mis à sa disposition en permanence …aussi longtemps qu’il en manifeste de l’intérêt (et non « au gré » de l’adulte qui décide qu’aujourd’hui telle activité va être proposée) : la peinture, les jeux d’eau, la pâte à modeler doivent être proposés et mis à disposition tous les jours, pour des enfants qui ont la capacité de mener ces activités de « façon autonome » (= en connaissance et prise en compte des règles d’utilisation).

Grâce à cette possibilité de choix, l’enfant apprend à se connaître et à décider (« qu’est-ce que j’ai envie de faire aujourd’hui, maintenant ? », plutôt que de dépendre des envies des adultes ou de se laisser « animer » par eux).

Pourquoi ne pourrait-il pas choisir de mettre un pantalon bleu plutôt qu’un rouge ?

 L’enfant devient acteur de son développement, acteur de sa vie.

Choisir et décider, dans un cadre

Le cadre protège chacun des dangers (vrai danger ? prise de risques mesurés ?...) et permet une possible vie à plusieurs.

L’enfant y apprend ce qui est possible et pas possible (pour protéger sa sécurité, celle des autres, pour que chacun puisse trouver, être assuré de sa place dans le groupe, dans la société).

Apprendre, intégrer, reprendre à son propre compte des règles, des interdits (« se donner soi-même la loi ») est un long et difficile processus pour un petit enfant tellement animé par l’intensité de sa vie pulsionnelle, par l’urgence de ses besoins…c’est pourquoi, pour cheminer vers l’autonomie, un tout jeune enfant a besoin de vivre :

  • dans un environnement lui offrant beaucoup de possibles, avec peu de règles (juste celles qui sont indispensables : le sont-elles toutes ?), des limites plutôt que des interdits (faut-il interdire de monter le toboggan « à l’envers », ou limiter cette montée aux moments où personne ne descend ?), éviter des tentations inutiles (comment ne pas toucher cet objet, ne pas grimper sur ce matériel…s’ils sont juste sous nos yeux, comme offerts à cette soif d’exploration ?...)
  • auprès d’adultes empathiques, comprenant l’effort que demande à l’enfant le contrôle de son impulsivité, de la force de ses envies et désirs ; des adultes qui vont chercher à être « avec lui » pour l’aider à canaliser, transformer ces élans en une activité « socialement acceptable »…

Finalement, l’autonomie, ne serait-ce pas apprendre à se gouverner soi-même, comme on pourrait le dire d’un pays libre et indépendant ?

C’est-à-dire être libre de vivre, d’exister,  de se sentir exister comme un sujet de désir, de volonté, capable de penser, de décider pour soi, pour ce qui le concerne …tout en prenant en compte l’autre et les règles sociales.

Favoriser le développement de l’autonomie, c’est alors, peut-être, accompagner l’enfant sur le chemin de l’humanisation et de la civilisation…

 

 

 

Voir à ce sujet le n° 63 de la Revue Spirale : « Les chemins de l’apprentissage »  - Erès 2012

Voir à ce sujet, l’article écrit par J. Falk « Les fondements d’une véritable autonomie » ainsi que le DVD du même nom qui l’illustre. Ces documents sont disponibles à l’Association Pikler Loczy-France : www.pikler.fr

Compétence  = faculté d’utiliser ses capacités pour agir. La capacité est donnée par l’équipement génétique, la compétence est un processus actif mettant en jeu l’intelligence et le psychisme.

Judit Falk, pédiatre, qui a dirigé pendant de nombreuses années la pouponnière de Loczy, à Budapest, à la suite de sa fondatrice E. Pikler, avait coutume de dire « On ne rend pas un enfant autonome, il le devient ! ».

Cf. Emmi Pikler : « Se mouvoir en liberté dès le premier âge » - PUF

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