L’assistante maternelle, véritable soutien à l’autonomie de l’enfant Par

Un article d'Annie Fabien Témoin  et  Stéphanie Quéré  paru dans la revue "L'Assmat", n°123, novembre 2013

La volonté de favoriser la capacité d’autonomie est présente dans beaucoup de projets éducatifs et traverse d’ailleurs les âges, du petit enfant à la personne âgée.
Dans le contexte socio économique actuel, l’autonomie des jeunes enfants semble le gage d’une meilleure adaptation au monde, au monde scolaire puis professionnel, particulièrement. Notre époque  nous semble en effet de plus en plus marquée par une anticipation anxieuse de l’avenir et la préoccupation bien compréhensible d’y préparer au mieux l’enfant.
Dans le langage courant, l’autonomie renvoie à la capacité de faire seul, de se débrouiller.
Les adultes pensent que si l’enfant devient vite autonome, il pourra plus facilement se débrouiller dans la vie. Ainsi, désirent-ils souvent que l’enfant  apprenne vite à marcher, à être propre, à manger seul, à s’habiller, à vivre avec les autres …
C’est dans ce contexte et à ce titre, que l’on remarque que l’accueil en collectivité (crèche, halte, regroupements d’assistantes maternelles ) est souvent valorisé et souhaité par bon nombre de parents qui espèrent  pour leur enfant de nombreuses  propositions d’activités d’éveil, qu’il s’habitue à la  vie en groupe et  se confronte aux rythmes et consignes collectifs, qu’il soit stimulé davantage par la rencontre avec des pairs.
En toile de fond,  on devine  une préoccupation majeure pour sa future intégration à l’école maternelle, allant parfois jusqu’à penser ce passage par le grand collectif comme un passage nécessaire à une bonne socialisation !
Mais le risque de cette anticipation, n’est il pas une autonomie « vite fait » , contrainte , superficielle, que l’on peut plutôt définir comme une « fausse autonomie» qui ne prendrait pas suffisamment en compte les étapes nécessaires lors du développement de l’enfant , son rythme propre de maturation : temps indispensable pour apprendre, comprendre, réfléchir , maitriser, assimiler ses expériences, les faire siennes, comprendre le monde qui l’entoure et ses règles de vie etc …?
Aussi, peut-on remarquer qu’à l’insu des adultes (parents et professionnels), de nombreuses contradictions alimentent l’attitude éducative concernant le soutien à l’autonomie. Celles-ci ont des origines multiples comme : les rythmes de vie des adultes, leurs peurs, les préoccupations liées à la sécurité et aux normes ou tout simplement une connaissance insuffisante des capacités déjà présentes chez l’enfant.
Par conséquent, l’adulte peut à certains moments proposer des activités (ou avoir des attentes) exigeant des capacités pas encore acquises par l’enfant, et à d’autres moments,  à l’inverse, « l’empêcher» d’utiliser ses possibilités naturelles d’apprentissage et d’exercer ses compétences.

Quelques exemples :

  • Le bébé placé au sol sur le dos, avec de petits jouets installés à sa portée a plus de possibilités de mouvements et de manipulation que s’il est placé assis dans un transat avec un portique.
  • L’enfant de deux ou trois ans à qui l’on propose une feuille vierge qui lui permet d’avoir des gestes amples, et qui découvre son graphisme et sa créativité, en tire plus de bénéfice que si on lui donne une feuille de coloriage.
  • L’enfant qui spontanément essaie de s’habiller et se déshabiller durant les moments  de soin ou de jeu   fait une expérience plus riche que si lui est demandé de s’habiller seul alors qu’il a besoin d’aide ou s’il en est empêché.

Ainsi, l’enfant peut parfois vivre entre une surestimation et une sous estimation de ses capacités.
Tentons d’observer davantage notre quotidien avec les enfants pour mieux repérer ces paradoxes

 « Mieux vaut tête bien faite que tête bien pleine » disait Montaigne.

Prend-on bien la mesure, dans notre monde anxieux où le rythme effréné des adultes imprègne celui des enfants, des enjeux de ces étapes, des conditions dans lesquelles l’enfant les traverse ?
Prend on bien la mesure de ce que les enfants apprennent et comment, avec quelle profondeur, quelle sécurité, quelle qualité d’attention, quel plaisir aussi ?
Plutôt que d’aller vite, engranger un maximum, n’est il pas plus intéressant que l’enfant prenne gout à se poser, chercher par lui-même ? Qu’il apprenne à réfléchir, à se connaitre,  soit à l’aise dans son corps, dans sa motricité fine, puis devienne conscient de ses besoins pour dans un second temps, les satisfaire par lui- même ?
Les assistantes maternelles,  confrontées elles aussi à toutes ces questions et paradoxes éducatifs et tentées de répondre à la demande sociale, peuvent néanmoins s’appuyer sur l’originalité de leurs propositions d’accueil, et la tranquillité permise par l’accueil en « petit comité » pour soutenir une véritable autonomie :  prendre en compte les enfants dans leur rythme et leurs besoins personnels au sein d’une relation sécurisante et privilégiée, profiter de tous les moments de la vie quotidienne, source permanente de partage, de prises de conscience et d’apprentissages.

Mais qu’est ce qu’une véritable autonomie ?

 Le mot vient de auto (soi même) et nomos (la loi) : qui se régit par ses propres lois et être autonome se définit comme la liberté de se gouverner par ses propres lois sans entamer la liberté d’autrui.
Pour développer  cette capacité naturelle,  en perpétuelle construction, l’enfant doit donc découvrir « ses propres lois » : ses capacités, ses besoins,  ses gouts, sa personnalité, faire des choix, tout en apprenant à tenir compte des autres et des règles sociales.
L’adulte l’y accompagne par ses propositions éducatives, matérielles, ludiques, relationnelles dans tous les moments de la vie quotidienne, qu’il va lui falloir peser, mesurer, en fonction de  là ou en est l’enfant.
L’objectif n’est pas que l’enfant sache « faire seul » mais qu’il puisse « agir seul », quand il le souhaite, avec plaisir,  accompagné de l’adulte qui le sécurise.

L’autonomie et l’attachement de l’enfant à l’adulte.

On oppose souvent les deux. Pourtant, l’un n’existe pas sans l’autre.
L’assistante maternelle  qui accueille le petit enfant va petit à petit devenir un appui affectif pour lui, quelqu’un sur qui il peut compter et qui un peu plus tard, si l’accueil est durable et fait de confiance mutuelle, comptera pour lui.
Tout enfant confié par ses parents, et séparé même pour la journée seulement, a besoin de tisser un lien intime, personnel avec l’adulte qui va apprendre à bien le connaitre.
C’est avec cet adulte proche, que l’enfant  va petit à petit apprendre à s’exprimer, montrer ses besoins et ses sentiments et c’est sous son regard attentif qu’il va commencer sa conquête du monde.
Ainsi, ne s’agit-il pas de « se détacher », ni de « le détacher » de son assistante maternelle, mais que l’enfant puisse doser ses petits « éloignements » et rapprochements selon ses besoins du moment, se centrer sur ses découvertes sans être dérangé, revenir trouver une petite attention, une parole, un geste tendre et repartir à sa guise.
C’est parce que son assistante maternelle  est là, et qu’il ne la perd pas, qu’il peut faire son travail d’explorateur et se séparer « psychiquement », créer son propre espace de jeu. Animé par une curiosité naturelle et un profond désir d’agir, il a tant à faire qu’il n’a pas besoin de l’intervention permanente ni d’une  proximité corporelle constante avec l’’adulte pendant son jeu.
Néanmoins, Il est heureux, de trouver dans le regard de son assistante maternelle, l’intérêt et la satisfaction de le voir agir, progresser, grandir et il est  fier de ses découvertes et réussites.
C’est  donc plutôt à l’adulte de doser et sentir quand, pourquoi et comment intervenir, pour sécuriser, soutenir « juste ce qu’il faut », pour que l’enfant poursuive son projet à lui.

L’autonomie motrice

 L’enfant peut développer ses capacités d’autonomie motrice, c’est-à-dire apprendre à connaitre  ses possibilités motrices et ses limites, dès son plus jeune âge. On peut dire qu’il apprend à s’estimer dans ses capacités et  à se faire confiance.
Pour cela, le tout petit enfant  doit  pouvoir bouger  avec aisance, et découvrir comment s’équilibrer, comment coordonner ses mouvements. Il a des capacités naturelles, génétiques et il est bénéfique qu’on lui laisse le temps de la maturation et de l’expérimentation, à chaque stade de son développement moteur du plat dos jusqu’à la marche .Tous les stades sont importants et participent à la construction de l’aisance  psychomotrice.
Quand l’enfant est  mis assis par l’adulte, il  ne sait pas s’assoir par lui-même, ne peut quitter cette posture, y est mal à l’aise, ne peut donc pas  faire   des choix. Il dépend de l’adulte pour changer de posture, attraper un jouet .IL n’est pas autonome.
Or, le même enfant posé à plat dos, avec tous ses appuis, peut s’exercer aux mouvements sur le coté, au retournement, saisir, relâcher, reprendre un jouet, jouer avec ses mains ou ses pieds, se reposer dès que nécessaire.
De la même manière, l’enfant que l’on fait marcher se déplace « passivement », c’est-à-dire  sans conscience réelle de son corps et de son équilibre et n’apprend pas la marche  autonome puisqu’elle n’est pas le fruit de son propre travail.
L’adulte doit créer les bonnes conditions de cette activité motrice, conditions affectives et matérielles, comme un sol ferme et non encombré permettant le mouvement, la présence de jouets adaptés qui motivent le mouvement, des vêtements  dans lesquels l’enfant est à l’aise, des moments répétés où l’enfant est pieds nus pour faciliter le ressenti  des appuis.
L’enfant plus grand qui,  par exemple,  a pour projet de grimper sur un banc, apprivoise progressivement la hauteur, le vide, le mouvement pour se hisser, marcher dessus, en redescendre. Il est centré sur ses sensations, essaie, renonce provisoirement et recommence pour finalement maitriser la situation. Il fait des choix pour sa sécurité et avec plaisir et il peut ressentir la fierté  d’y être arrivé et d’y être à l’aise. Il a appris  la prudence, la persévérance, le gout de l’effort.
L’enfant doit pouvoir prendre des risques mesurés indispensables à son développement sans se mettre en danger ou être mis en danger par une proposition inadaptée .Cette prise de risque mesurée , autonome , nécessite d’avoir pris conscience de  ses possibilités , ses limites et les confronter à la situation.

Les expériences proposées progressivement à l’enfant lui permettent d’acquérir cette capacité.
Par contre, L’enfant « stimulé » à monter sur ce même banc  ne peut avoir la même estime, la même prudence.  Il n’est pas acteur de ses choix et de ses moyens : y monter ou pas, s’y déplacer debout ou à quatre pattes, en redescendre assis ou en sautant … Est il autonome dans cette situation ? Et cette fois-ci, la mise en situation  par l’adulte peut-elle représenter un danger ?
L’adulte doit fournir des possibilités d’expérimentations qui correspondent au niveau de développement de l’enfant et qu’il peut réaliser seul : à domicile,  quelques marchepieds et un tapis ou un matelas pour sécuriser permettent à l’enfant de grimper, sauter ; un matelas ou un gros coussin permet d’appréhender de petites hauteurs quand il rampe ou fait du quatre pattes…
N’oublions pas que l’espace d’une maison, suffisamment dégagé, regorge d’aventures motrices : passer sous les chaises, prendre appui sur la table basse du salon…
L’adulte par sa présence, son regard, ses paroles soutient l’enfant, le guide et le conseille parfois. L’enfant peut avoir envie de faire comme le plus grand mais s’il ne peut le faire seul, en maitrisant la situation, il est préférable de lui faire une autre proposition, plus adaptée, lui permettant de mettre à l’œuvre ses propres  capacités d’autonomie.
Quand l’enfant ne sait pas encore grimper pour accéder au toboggan ou se hisser sur la balançoire, cela ne représente pas de frustration pour lui, même si d’autres plus grands y vont aisément.
A l’inverse, la frustration arrive lorsque l’enfant à qui l’on a fait faire quelque chose veut renouveler l’expérience et ne peut la reproduire seul : par exemple si l’adulte a hissé, placé l’enfant sur le toboggan ou la balançoire. L’enfant est alors leurré sur ses capacités et il dépend de l’aide et de la disponibilité de l’adulte pour le refaire.
L’enfant plus jeune pourra profiter du parc autrement : circuler, s’élancer dans un espace plus grand, sans obstacle, appréhender de petites hauteurs.

Le jeu et les activités autonomes

L’enfant développe aussi ses capacités d’autonomie dans son jeu au cours duquel il doit pouvoir  être actif : découvrir, expérimenter, faire des choix, décider, initier.
Il a besoin de jouets simples et de propositions ludiques variéescorrespondant à son niveau de développement,  ses envies, ses gouts.
L’aménagement de l’espace doit lui permettre de choisir ses activités et ses jouets, y jouer aussi longtemps qu’il le désire, les retrouver aussi souvent qu’il le souhaite.
L’enfant, répondant à son rythme personnel  peut suspendre son jeu  ou son activité pour les reprendre plus tard.
Il a besoin de temps pour expérimenter, ajuster, abandonner, comparer….  toutes ces activités qui  construisent  sa réflexion et son autonomie.
Il alterne ses activités passant d’une activité demandant concentration et une certaine immobilité (enfilage, par exemple)  à une activité mettant en jeu sa motricité globale (danse, par exemple)  .Cette alternance est physiologique et nécessaire.

Quelques exemples

- L’enfant doit pouvoir choisir de faire un puzzle plutôt qu’un jeu de construction. Pour cela, les différents jeux doivent être mis à sa disposition et présentés afin qu’il les voit et y accède facilement

- Prendre l’initiative d’aller chercher sur la petite étagère un puzzle plutôt qu’un jeu de construction relève d’une véritable démarche d’autonomie.

 - Choisir le jeu de construction et sa manière à lui de l’investir, aussi : ce ne sera peut être pas pour empiler ! Ces choix viennent réellement de lui.

- Choisir de s’installer debout pour jouer à la pâte à modeler, parce qu’il sent qu’il a plus d’aisance et de force pour écraser, façonner, alors que l’adulte s’attendrait plutôt à ce qu’il joue assis…

L’aménagement du temps et de l’espace, le type d’accompagnement de l’adulte doivent  prendre en compte les besoins de chacun, différents selon l’âge et chacun doit pouvoir jouer tranquillement sans être dérangé. Veiller à cela, pour les plus jeunes comme pour les plus grands, préserve les enfants de l’agressivité et du sentiment d’intrusion qu’ils peuvent parfois éprouver.
Les propositions doivent permettre à l’enfant de jouer seul (ce qui ne veut pas dire être tout seul) sans intervention directe de l’adulte dans son jeu, sans que l’adulte fasse à sa place. Mais  l’adulte reste dans la disponibilité et le partage.

Soins corporels et Autonomie.

C’est au cours des moments de soins quotidiens qu’il reçoit du fait de sa dépendance, que le petit enfant confié par ses parents va pouvoir sentir qu’une relation personnelle nait avec l’adulte et progressivement s’y sentir important, apprécié, reconnu. Si l’adulte est suffisamment disponible et conscient de cette occasion précieuse de communiquer ensemble, s’il ne presse pas ses gestes ni ceux de l’enfant, s’il s’intéresse au langage du corps, c’est-à-dire à tous ces petits signaux que l’enfant lui envoie, deux choses essentielles  vont alors se produire :
D’une part, le petit enfant sera suffisamment nourri de l’intérieur, pour être en capacité de « s’occuper seul » à petite distance de l’adulte, sans frustration que l’adulte le pose au sol, sans le sentiment que l’adulte le délaisse, sans jalousie vis-à-vis d’un autre enfant. Il sera heureux  de reprendre la suite de ses occupations. D’autre part, le moment du soin deviendra une source de gratification profonde pour les deux partenaires.

  • Pour l’adulte,  parce que le dialogue qu’il va instaurer redonne du sens à son travail et une valeur profonde aux petits détails de ses gestes routiniers : l’assistante maternelle  se met à l’écoute et voudra prendre en compte les ressentis de l’enfant. Par exemple, si le bébé se met à pleurer ou s’agiter sur la table de change, elle peut suspendre son geste, lui parler, peut être même le reprendre dans les bras, plutôt que d’accélérer sa tache pour en finir au plus tôt. Ou encore, pour rendre ce moment agréable et intéressant, elle pourra expliquer ce qui se passe, montrer le gant, la couche, nommer ses gestes afin que l’enfant puisse comprendre, suivre cette activité qui le concerne.  C’est alors du bien être global de l’enfant que l’A.M aura le sentiment de s’occuper.
  • Pour l’enfant, parce que cela devient une occasion formidable d’apprendre à comprendre ce qu’il ressent, ce qu’on lui fait, identifier ses besoins, ses désirs, identifier ce qui lui est agréable, désagréable, ce qui le soulage, le réconforte, ou au contraire lui est inconfortable et l’indiquer à l’adulte, participer à ce qui le concerne, à son niveau. Par exemple, l’enfant montre avec ses mimiques et ses mouvements s’il apprécie la nourriture présentée, il indique s’il veut manger plus vite ou au contraire ralentir, il indique à l’adulte la quantité dont il a besoin (cela me suffit par exemple) selon son appétit du moment et ses gouts. Quand ces différents signaux et compétences sont écoutés par son assistante maternelle, il apprend l’importance de ce qu’il ressent et apprend à  être à l’écoute des messages de son corps. Il se sentira par ailleurs efficace dans sa communication.

C’est donc dans ce climat particulier d’écoute mutuelle, où l’enfant peut influencer les réponses de l’adulte, et où l’adulte souhaite faire avec l’enfant, et avec son accord, que l’enfant apprend à mieux se connaitre, à écouter, comprendre et utiliser son corps et construit son autonomie.

Au moment des repas, plusieurs choses vont contribuer à ce climat particulier :

  • Echelonner les repas des enfants d’âges différents afin de garantir à chacun son temps « ressource » et afin de respecter le niveau de développement de l’enfant par une observation des possibilités de l’enfant,  par exemple pour tenir  et orienter sa cuillère.
  • Tenir compte du besoin de contact corporel : donner le repas sur les  genoux.
  • Veiller à la bonne installation de chacun : hauteur de la table et de la chaise adaptées, appui pour les pieds, espace suffisant pour bouger le tronc et les bras, garantissent confort et détente corporels à chacun.
  • Avoir tout préparé à portée de main afin de pouvoir rester ensemble, et offrir une vraie attention à l’enfant.

L’adulte doit donc être attentif aux besoins exprimés par  l’enfant, les accueillir, les lui verbaliser et leur accorder de la valeur. Il offre un cadre qui à la fois soutient l’enfant affectivement (il montre de l’empathie, il est disponible, il ajuste son aide…), permet aux compétences de s’exprimer, ne les restreint pas, et ne cherche pas non plus à les accélérer.
Et ce cadre où le dialogue est si important, installe aussi des règles sociales et culturelles auxquelles tout petit il se familiarise avec l’adulte, à travers l’attitude qu’il observe  et l’environnement qui lui est présenté (par exemple, avoir les mains propres pour aller au repas, ne pas jouer en mangeant etc..).

Il ne s’agit donc pas de laisser l’enfant tout faire, faire tout ce qu’il veut, ou qu’il soit livré à lui-même pendant « ses activités » puisque l’adulte est présent, disponible et pose le cadre nécessaire.
Cependant, Il nous faut veiller à lui proposer des situations qui correspondent à ses véritables capacités : c’est à dire que les propositions soient compréhensibles par lui, cohérentes par rapport à son besoin du moment, et qu’elles lui laissent une marge de participation et d’expression.
Et, nouvelle contradiction à soulever, dans ce monde ou l’on veut accélérer les apprentissages et rendre précoce l’autonomie : il y aussi des choses que les enfants n’apprennent plus. Ce sont celles qui justement nécessitent proximité, disponibilité et partenariat avec l’adulte : apprendre à faire ses lacets, participer à des jeux à règles, apprendre à lancer et attraper un ballon…L’adulte, alors,  explique, guide, conseille.

Cette façon de penser l’autonomie où  l’adulte écoute, s’ajuste, négocie et à la fois garantit un cadre  peut accompagner professionnels et parents  dans leur réflexion et leur rôle éducatifs dans tous les domaines de la vie quotidienne et à tous les âges.

L’assistante maternelle, véritable soutien à l’autonomie de l’enfant

 L’assistante maternelle, par l’originalité de son accueil, l’ajustement qu’elle peut offrir à chacun, et la connaissance fine qu’elle peut avoir de ses  besoins, peut soutenir l’épanouissement de l’autonomie de l’enfant. Chez elle, tous les  moments de la vie quotidienne constituent une occasion précieuse et intéressante pour éprouver et exercer son  autonomie, à  son  niveau, à ses cotés.
Cette qualité d’accompagnement est possible en lui  faisant confiance, en lui  laissant le temps de l’expérience et de l’intégration, en l’ acceptant tel qu’il est et là ou il en est dans son développement.
Elle le  protège aussi d’une hyper adaptation pour faire plaisir ou se conformer.

Il est en effet primordial, dans le processus de l’autonomie, que  l’enfant puisse prendre des initiatives, agir par lui-même,  faire confiance à  ce qu’il  ressent et décider de certaines choses pour lui-même, puisque c’est lui qui les ressent de l’intérieur.
S’il devait toujours s’en remettre au choix que l’adulte fait pour lui, pourrait-on alors parler d’autonomie ?
L’autonomie grandissante c’est savoir ce que l’on ressent, vouloir ce que l’on fait, pouvoir le faire quand on est prêt, tout en étant capable de tenir compte des autres et de la loi. Elle est à l’œuvre toute la vie et constitue un élément important de l’épanouissement personnel.

Françoise Giroud disait du bonheur, c’est « faire ce que l’on veut et vouloir ce que l’on fait ».

 

 

 

 

 

 

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